Du savoir à la haine…

Vous connaissez la réflexion qui propose : l’ignorance amène à la peur, la peur à la haine et la haine à la violence…

Chauffez l'ignorance avec la peur vous obtenez du pur jus de haine !

Chauffez l’ignorance avec la peur vous obtenez du pur jus de haine !

 

Je suis un ignorant !

Ce qui m’embête profondément dans cette enchainement, c’est que plus j’apprends, plus je me rend compte de l’ampleur de mon ignorance. En fait l’équation semble même exponentielle : lorsque j’apprends 1 je me rend compte que j’ignore jusqu’à 2, lorsque j’apprends 10 je me rend compte que j’ignore jusqu’à 100…

Je prends conscience de mon ignorance, et surtout le fait que je resterais ignorant, je peux imaginer vivre encore 100 ans et dépasser les records de longévités, au terme, je n’aurais même pas la connaissance de l’ampleur de mon ignorance : Je ne sais même pas ce que je ne connais pas et ce que je pourrais savoir.

Pire, non seulement je ne connais rien, mais le peu que je connaisse n’est même pas sur. Ma connaissance se base sur ma propre expérience, ou sur des lectures d’expériences de d’autres personnes qui ont développé leurs propres expériences (et leurs propres lectures mais je ne voudrais vous perdre dans mon raisonnement ;-)…

La connaissance acquise par la lecture

Où l’apprentissage sans expérience… Quel est la nature de cette connaissance est ce du savoir ou de la croyance ? Une grande partie de se que j’apprends viens de mes lectures de personnes dont j’ai la croyance qu’il en sait plus que moi. Lorsque je lis Einstein,  je fais confiance à sa pensée et ne décortique pas en profondeur ses réflexions. Je me fis à l’image que j’ai de l’homme de ses capacités et de ses connaissances. J’ai confiance dans son savoir… Il est donc bien possible que l’acquisition de la connaissance par ces lectures soient du savoir.

La connaissance acquise par l’expérience :

Même question, cette connaissance est ce du savoir ou de la croyance ? J’ai appris en construisant un appentis en sapin, qu’il me fallait absolument traiter le bois au risque de voir mon ouvrage détruit par les petites bêtes. Au fil des ans, je me suis rendu compte de ma croyance de l’obligation de traiter le bois, car en effet il existe des essences tel le Douglas qui n’ont pas besoins d’être traitées… Ma connaissance acquise par l’expérience est une croyance et non un savoir. Dans tous les domaines ou je crois savoir je ne peux pas être sur qu’il existe un Douglas revenant mettre en causse cette connaissance.

Ainsi je dois m’en référer à mes lectures, à ces hommes qui savent… Sauf que ces hommes comment ont ils acquis leurs savoirs ? Par la lecture (ou apprentissage par d’autres) et leurs propres expériences. En quoi leurs propres expériences ne cacheraient elles pas aussi un Douglas ? Ce que j’acquière par la lecture ne vaut pas plus que ce que j’acquière par l’expérience : des croyances.

Je base mes connaissances sur mes recherches, mes expériences, mes lectures et expériences des autres et réalise ainsi ma propre opinion qui est très très loin d’être un savoir. Cette opinion est une croyance, sans aucune certitude.
Je ne connais rien, et ce que je connais n’est même pas sûr.

Ces croyances que j’avance. Or j’aspire à une connaissance certaine, acquise, pour que ma pensée puisse passer à autre chose. Ainsi pour pouvoir passer sur d’autres sujets (je n’ai pas plus de 100 années à vivre pour savoir ;-) je définit ces croyances comme savoir.

Toute la connaissance d’un homme ne pourrait être que croyance. La connaissance de l’humanité ne pourrait-être que la somme des croyances individuelles.
Nous ne savons rien et ce que nous savons n’est même pas sur….

L’humanité condamnée à la haine ?

Si l’ignorance amène à la peur et la peur à la haine, et que l’humanité n’est que croyance sans savoir et donc ignorante n’est elle pas condamnée à la haine ?
Comment rompre et vivre dans un monde de paix, si nous ne pouvons acquérir de savoir ? Est-ce impossible ?
Où alors faudrait-il transformer le lien de l’ignorance à a peur ?

Comment amener l’ignorance à la sagesse, à la paix, au respect ? Ne devrions nous pas apprendre notre ignorance pour ne plus en avoir peur ? Ne devrions nous pas accepter notre ignorance et la comprendre ? Est-ce qu’atteindre la sagesse suprême ne serait pas de savoir l’ampleur de notre ignorance ?

Attaché à l’éducation et l’instruction heureuse des enfants, ne faudrait-il pas leur apprendre à maitriser l’ignorance. (le mystère du chiffre – Bernard Weber).
Sauf que aujourd’hui, lorsque l’enfant ne sait pas il a peur de la note, peur d’être inférieur aux autres, peur du regard de ses parents et des autres élèves…
Il apprend à avoir peur de l’ignorance.

 

 

 

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