La fidélitè n’est pas une vertue

En octobre cela fera 10 ans que mon épouse et moi avons décidé de nous aimer. Pendant ces 10 années, à aucun moment je n’ai douté de mon amour pour elle.
A aucun moment je n’ai voulu partir, à aucun moment je n’ai voulu aller voir ailleurs…Et pourtant nombreux sont ceux qui m’ont averti du passage difficile des 3ans, 7ans, et même cette année devrait être très difficile, ouille ouille ouille le passage des 10 ans ! Attention….

Certes mon amour a probablement changé, mais l’admiration que j’ai pour elle, le bien être que cela me procure d’être à ses cotés sont toujours extrêmement présent…
Je n’ai aucune envie de partir, d’aller voir ailleurs, rester est donc très facile puisque c’est ce qui me procure du bien être…
Alors en quoi est ce que je pourrais me sentir vertueux de quelque chose qui ne m’est en aucune manière difficile ?

Je pense qu’encore une fois le fait de juger ne nous permet pas de voir un fait pour ce qu’il est : un fait.

Notre Société a fait de la fidélité une « chose bonne ».

C’est bien d’être fidèle. La Société a développé ce principe au point de rendre la fidélité comme vertueuse.
Ainsi, ceux qui rompait leur fidélité (divorce) était perçus comme « mauvais » parce qu’il avait fait quelque chose de « mal ».
Aujourd’hui encore, malgré la forte proportion des divorces, un sentiment de mal-être vis à vis du jugement « c’est mal », ou « c’est pas bien » persiste chez ceux qui rompe avec cette fidélité…
Ou bien encore, et je l’entend souvent, vécu comme un échec… La fidélité serait une réussite ?

Il me semble que ce sentiment de culpabilité (d’échec) est encore plus flagrant lorsque les personnes ont des enfants : c’est pas bien de se séparer à cause des enfants, de leur équilibre, etc…
Donc nous devrions rester fidèle à cause d’éléments extérieurs ? Dans ce cas là on comprend en effet comment on en est arrivé à juger la fidélité pour la rendre vertueuse.

Pour ma part, je ne pense pas que des enfants puissent être heureux si les parents eux mêmes ne le sont pas.

Comment est ce que je fais pour être fidèle ?

Vous l’avez compris, pour moi la fidélité n’est ni bien ni mal, c’est un fait. Je ne reste pas avec mon épouse parce que je suis marié, je me suis marié parce qu’a un moment j’ai voulut lui dire : « c’est avec toi que je veux passer mes jours ».
Ce mariage tiens tant que je reste en accord avec cela (et bien sur : elle aussi de son coté).

La tentation

Je crois qu’une des causes de rupture d’accord viens de la tentation. En 10 ans je ne me suis jamais senti tenté, suis-je vertueux ? La question qui me viens alors :
Est ce que je ne suis pas tenté parce que j’aime l’autre, ou est ce que j’aime l’autre parce que je ne suis pas tenté ailleurs ?
Un peu des deux non ?
Dans ce concept, il me semble que si je ne maitrise pas la tentation qui peux venir, je peux renforcer mon amour pour l’autre.
Il semblerait ainsi, que pour briser l’équilibre de ce concept la tentation devrais être vraiment plus importante ou construite elle aussi…

Le choix de la liberté

Combien de fois je peux entendre que l’on perd sa liberté une fois marié… Et bien pour ma part, je ne me suis jamais senti aussi libre que depuis que je suis marié. Suis-je vertueux ?
C’est bien parce que je sais que je peux partir, et que je partirais, si je le décide que je reste.
Je veux dire que si lorsque nous avons des problèmes ou des désaccords, nous le résolvons en nous disant je vais faire avec, de toute façons je n’ai pas le choix, je ne peux pas partir; qu’arrivera-t-il le jour ou le problème sera trop important pour que je puisse rester, je n’aurais pas non plus le choix….  Je serais obligé de partir, de la même manière que je suis obligé de rester.

Lorsque nous avons un désaccord, je ne suis pas bien, or si vous m’avez suivie, je suis très bien avec mon épouse. Donc je suis à la fois bien et pas bien.
Je conserve ce qui me fait du bien : je décide de rester. Je décide de résoudre ce qui me fais du mal: le désaccord.
Tant que je n’ai pas trouvé un nouvel accord, il me faut chercher comment résoudre le désaccord, sachant que la solution de partir à été écartée elle ne peut être une solution puisque je supprimerais mon bien être.
En 10 ans, sur cette base, nous avons toujours trouvé des solutions à nos désaccords : Tous les jours je décide de rester, du coup si quelque chose ne me va pas, je regarde comment faire pour arriver à le supprimer, sans que cela ne touche à ma décision de rester…

Mariez-vous !

Lorsque je vois les personnes qui n’osent pas suivre la voie de l’engagement par peur de DEVOIR le rompre, par peur de l’ÉCHEC; je me dis : »en réfléchissant ainsi ils ont raisons de ne pas s’engager, ce marier est une décision, un choix, dans cette optique, un divorce doit être une autre décision, un autre choix… Non une obligation.

Si le mariage dur dans le temps ce n’est pas une réussite, c’est un fait… Peut-on réussir à s’aimer ? De même le divorce n’est pas un échec, peut-on échouer de ne plus aimer ?
Je veux dire pouvez vous vous forcer à être en colère ? Dans le sentiment je ne pense pas qu’il y ai réussite ou échec. Pas de bien ou de mal.
Du temps ou le mariage n’était pas un acte amoureux, une décision d’amour, une décision de partage, on pouvait parler de réussite du mariage; mais la réussite était un fait que les personnes ont pu resté ensemble peu importe le fait qu’elles s’aimaient ou pas.
Aujourd’hui si l’on parle d’amour, de mariage d’amour, il n’y a pas de réussite ou d’échec du mariage. Le sentiment Amoureux n’est pas contrôlable, on peut l’entretenir lorsqu’il est là, et encore même cela pose question, est ce que j’entretiens mon amour parce que je veux qu’il dure, ou est ce qu’il dure parce que je l’entretiens ? Mais c’est là un autre sujet….

Ne vous engagez pas pour que cela soit une contrainte à votre fidélité, engagez vous parce que votre fidélité est un fait et que vous décidé à un moment donner de le faire vivre, de lui donner du relief, de le mettre en valeur… N’ayez pas peur de l’échec, il n’existe pas. N’ayez pas peur de devoir (rester/partir) vous êtes libre…

Le fait existe, si vous êtes avec la personne c’est que cela vous fait du bien, si chaque jour vous décidez de résoudre ce qui vous fait du mal SANS supprimer ce qui vous fait du bien, alors je pense que vous pouvez vous marier.
Peut-être qu’un jour vous déciderez de vous séparer, mais jamais vous ne le devrais. Probablement resterez vous très très longtemps ensemble, mais jamais sous la contrainte ou le devoir car vous serez libre !

Si votre amour dur 10,20,30,40,50…. ans ce ne sera pas bien, ce sera juste beau… (et là encore c’est un jugement personnel ;-), ce sera donc juste un fait ;-)

 

 

 

 

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