Le jugement sclérose la pensée…

Le jugement, voilà un sujet que j’aime aborder. Depuis que je me suis rendu compte que les mauvaises nouvelles n’existaient pas, mon esprit a fortement évolué à ne plus juger. Cela m’a permis de me recentrer sur ma pensée, ce que je pensais vraiment; ce que j’aimais, et n’aimais pas, réellement.
Cet été, j’ai répondu au challenge de Christine, « 21 jours sans accuser ». Je me suis rendu compte qu’arrêter d’accuser ou arrêter de juger sont semblables ou liés… Si je ne juge plus, je n’accuse plus.
Je m’aperçois en outre, que le fait d’arrêter de juger me fais lâcher prise sur ce que je ne maitrise pas, et d’accepter pleinement la vie, tel qu’elle est, avec sérénité.
Curieusement, le fait de me recentrer sur ce que je pense me permet de m’ouvrir aux autres. Par exemple, si je dis « c’est bien », je prends cela comme un fait, je ne peux concevoir la contradiction : cela ne peut pas n’être pas bien puisque j’ai mis comme un fait que c’était bien. J’empêche mon cerveau de penser qu’autrui peut ne pas trouver cela bien : « il se trompe ». À l’inverse, si je dis « j’aime bien », je suis centré sur moi-même, ce n’est pas un fait, c’est une émotion personnelle. Si l’autre n’aime pas, ou même s’il me dit « c’est affreux », l’idée n’est pas contradictoire, il n’y a pas de paradoxe dans ma pensée, les deux pensées peuvent coexister dans mon esprit.
Me recentrer, me permet aussi d’affiner ma pensée. Si je vois une fleur et que je pense : »elle est belle », je suis dans le jugement, ma pensée est limitée à : »la fleur est belle », ma pensée prend la fleur comme un tout, une globalité. Si je pense « Je la trouve belle », ma pensée se focalise sur le verbe trouver, et s’ouvre au questionnement : »qu’est-ce que je trouve beau ? » (pétale, couleur, forme, feuillage, harmonie, …) . Je laisse aussi à mon esprit la possibilité ne pas aimer la tige, mais apprécier la fleur, le feuillage, la couleur… Ma pensée est ainsi plus claire.

Une écoute active face au jugement

Là où je suis heureux, c’est que je me rends compte, qu’au fil des jours, je commence à décrypter le jugement des autres. Avant d’arrêter de juger, je me trouvais dans des situations de désaccord profond voir de conflit. Ensuite, lorsque j’ai commencé à arrêter de juger, je voulais que les autres arrêtent aussi de juger, leur jugement m’exaspérait.
Hier lorsque mon Papa me dis, après un retour de vacance de ma fille, qu’elle est asociale, j’ai d’abord vécu le conflit : « surement pas ! Elle n’est pas asociale ! », et j’avais autant d’arguments à opposer aux siens. Nous étions en conflit. Ensuite, j’ai pensé, si je dis qu’elle n’est pas asociale, c’est un jugement. Je me suis recentré : « je ne la trouve pas asociale ». Et l’idée que mon papa la trouve asociale pouvait cohabiter. Mais en même temps, j’avais envie de dire à mon papa, c’est ton jugement, ton point de vue, arrête de juger. Je n’était plus en désaccord, mais il n’y avait pas de solution à notre différent. J’acceptais la différence.
Après avoir raccroché, et laissé le temps à l’affecte de redescendre, j’ai réécouté ses paroles avec bienveillance, sûr que mon papa est bienveillant envers moi, voici ce que j’ai alors entendu :
« Pour lui ma fille est asociale. C’est-à-dire que lui ne pourrait pas vivre en communauté avec elle, ce que je peux concevoir et accepter facilement. Il m’exprime aussi ses propres craintes en fonction de ses propres « techniques » pour vivre en société., ou dans SA société.
Ce que nous enseignons à notre fille est différent. En effet, lorsque je vois ma fille actuellement, je peux ne pas la trouver asociale, et accepter que mon papa la trouve asociale. Les 2 idées ne sont pas contradictoires.
Il est intéressant de préciser qu’au moment où j’écris ces lignes, ma pensée va plus loin : Il devient possible, maintenant, dans mon esprit, sans que je change ma méthode d’enseignement, de donner à ma fille des outils pour s’insérer aussi dans la manière de vivre de mon papa.
Ces idées ne peuvent pas survenir si je suis en opposition ou si je suis en refus du jugement de l’autre.
Maintenant que j’entends « je ne peux pas vivre avec ta fille », je peux me poser la question : « Que faut-il pour qu’il puisse vivre avec ma fille ? » Je peux répondre cette question en prenant en compte ma méthode d’éducation. Cette idée va très loin : Je ne vais pas corriger tout ce que j’ai déjà donné à ma fille, je vais ajouter. Dans cette exemple, si je rentre en accord avec le jugement de mon papa, je risque de me dire, je me suis trompé et tenter d’effacer, de corriger, d’annuler ce que j’ai déjà enseigné à ma fille. Si je prend l’avis de mon papa comme le sien, je peux ajouter un outil supplémentaire. Plus clairement, jusque là nous n’avions que des clous, et j’ai appris à ma fille à les enfoncer, avec un marteau, une pierre si nous n’avions pas de marteau. Là, face à une visse, elle à été démunie. Je ne vais pas lui retirer le marteau mais lui fournir un tournevis, et lui montrer qu’il y en a des plats, des cruciformes. Qu’au fil du temps elle pourra se débrouiller avec un couteau pour visser. Je suis convaincu que le jugement ne laisse pas de place à la multiplicité des outils.

Je n’ai pas encore de « décryptage » instantanée face au jugement, mais je constate, sur cet exemple qui à touché profondément mon affecte, qu’il vient rapidement.
Je suis heureux de cette évolution de ma pensée, le non-jugement me permet d’être, aujourd’hui, plus à l’écoute de l’autre, et plus en harmonie, en accord avec la Vie et la communauté.

Arrêter de juger me permet d’être très serein, et heureux.

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