Le Public Fantôme de Walter Lippman

Un livre à lire et à étudier…

Je viens de finir de lire ce livre qui a été écrit en 1925. Je pense que cette littérature devrait être, sinon étudier dès le collège, au moins présenté. « c’est une véritable cure de désintoxication en matière de réflexion politique ».

Malgré une préface longue, et pour moi inabordable, de part mon manque de culture générale et philosophique, de Bruno Latour; Le livre, la démonstration et les idées de Walter Lippman sont d’une clartés incroyable compte tenu du sujet abordé. Il est impressionnant de constater que ce qu’il a écrit en 1925 est incroyablement d’actualité.

Il aborde le rôle du publique dans la démocratie (sous la forme que prend la notre), les idées reçus, notre non-compétence. D’un pragmatisme redoutable, de son analyse, notre rôle se résume à rien. Cependant, ce rien a un rôle fondamental dans notre démocratie, pourvu qu’il soit correctement, et efficacement, appliqué.

L’essentiel de l’argumentation repose sur la distinction entre les citoyens compétents sur un dossier, et les autres (la masse). Ainsi que sur la hiérarchisation des problèmes et qui intervient ou doit intervenir en cas de conflit.
Si le problème peut être résolue entre deux parties, tout va bien. Sinon le politique se charge de trouver des solutions. Si aucune solution n’est apporté, c’est la qu’intervient le public (la masse), dans toute son incompétence, à juger le problème. Son rôle se limite à faire pencher la balance dans un sens ou dans un autre en se rangeant derrière une des parties. Le but étant d’arriver à un Modus Vivendi et que chacun retourne à ses affaires.

Lorsque j’ai terminé ce livre, j’ai été d’abord en plein accord avec la démonstration, ses idées de ce que sont la société, les nations, le public, le politique, …. Je constate les mêmes dérives (plus flagrantes 87 ans après) et/ou préjugés de la politique et de nos rôles.
Avec des questionnements sur les (im)possibilités de ses solutions, sur comment le public devrait et pourrait jouer son rôle, simples et concrètes, dans notre environnement actuel.

La controverse

J’aime la controverse, rien n’est plus stimulant pour moi que lorsque je suis en accord avec une théorie (ou une pratique) de me voir une autre facette, inconnu, du sujet.

J’ai donc aimé l’annexe qui présente la controverse de John Dewey publié à la sortie du livre de Lippman, dont il écrira, plus en détail, deux an après Le public et ses problèmes. Je n’ai pas encore lu le livre, mais cet article aborde des points qui pourraient être des réponses à mes questionnements. On ressent déjà dans cet article l’influence Darwinnienne (l’évolution permanente) : (à propos du Public Fantôme) « Ce genre de concept (…) n’émerge en général qu’après coup : on théorise ce qui a eu lieu. (…) La démocratie n’a jamais été la réalisation d’un idéal – bon ou mauvais. Le « Gouvernement Populaire » résulte en faite de la conjonction de multiples événements. »

John Dewey apparait plus confiant dans la possibilité du public à intervenir dans les affaires et à lui octroyer un rôle plus important que ce que lui donne Walter Lippman… Je suis donc impatient de pouvoir commencer ce livre.

Si vous vous intéressez un peu à la politique, je vous conseil très vivement la lecture de ce livre, en vous passant de la préface (40 pages) !

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