Les petits soldats du journalisme applicable à toutes les sphères ?

Par François Ruffin

Critique presse

 Un livre d’actualité !

Pour ceux qui écoutent Daniel Mermet sur France Inter l’après midi, le nom du journaliste François Ruffin n’est pas inconnu. Sinon il faut se diriger vers la Picardie pour découvrir ses reportages dans Fakir.

Ecrit en 2003, je suis certain que la réalité décrite ici à pris, comme la puissance des ordinateurs, x10 en dix ans. Je ne ferais pas un résumé du livre, nombreux sont les articles sur ce sujet.

Le contexte : c’est un livre qui décrit la prise du pouvoir de la presse par les milieux financiers, et le rôle des journalistes aujourd’hui.  C’est une critique virulente d’une école de formation de l' »élite » journalistique, qui dévoile la réalité d’un enseignement qui tient plus du marketing que de l’information. La critique va bien au delà de l’école, pour rentrer dans tous les média (le monde, TF1, le nouvel obs, Radio France,…)  : « Nos articles ne sont plus porteurs ni d’un regard, ni d’une morale, ni de rien. Juste une production standardisée pour remplir et pour vendre ».

Le quatrième pouvoir à la solde…

Dans ce livre on apprend ce que l’on savait déjà: c’est la finance qui dirige les médias et donc l’information. Rien de surprenant, mais ici c’est décrit, montré et démontré. Sans jugement dans l’écriture de François Ruffin, et c’est ce qui fait tout l’intérêt de ce livre.

Il s’attache à décrire la situation, sans jugement. Lorsque l’on referme le livre, on comprend les mécanismes qui ont fait que nous sommes dans cette situation. Il n’y a pas d’accusation des journalistes, de l’école (CFJ), ou des médias. C’est un constat et une description, qui me permet de me faire mon propre jugement, ma propre réflexion.  Bref un excellent travail de journaliste !

… Solde de l’information !

J’ai arrêté d’écouter les médias, et « l’information ». Aujourd’hui lorsque je rencontre « l’actualité », j’ai une vision extrêmement critique de ce que l’on m’informe. Je ne peut pas m’empêcher de constater que ce que l’on nous sert est insipide : de la non-information enrobé de flonflons et de dorures pour nous faire croire à son importance.

En lisant ce livre j’ai compris une des sources de cette impression « d’information vide ». Nous recevons une information soldé, et pas à -20%; je parle là de -80% voir -90% : de l’information bradé. L’information que l’on reçoit est donc à son juste prix.

Journalisme, médecine, instruction,etc.

Ce qui m’amène le plus à réfléchir,  c’est que j’ai l’intime conviction que le titre peut se décliner sous toute ses formes : les petits soldat de la médecine, les petits soldats de la politique, les petits soldat de l’instruction/éducation, … On y retrouverait les mêmes ingrédients, les mêmes dérives, les mêmes constats. L’ensemble du système ne fonctionne que pour le capital (et non par le capital) :  là ou le capital devrait être un outil, il devient un but. Comprenez moi bien, l’argent permet de faire beaucoup de chose, et je trouve cela bien. Le problème est quand il devient un but.

Aujourd’hui, pour moi, il est un but, un objectif, dans les entreprises de journalisme, de santé, d’instruction, d’éducation, de justice, de défense et de politique.
Clairement dans des domaines où il devrait y avoir un capital fort, énorme même, mais pas pour faire encore plus d’argent, uniquement dans le but de développer ces institutions, ces métiers, vers un art. Là ou précisément le capitalisme est devenu cet art !

Article politique

Je classe cet article dans ma rubrique « Politique ». Car se livre me renforce dans l’idée que nous ne sommes plus, et depuis longtemps déjà en démocratie. Je pense que nous sommes en oligarchie et plus précisément en ploutocratie. Se livre me montre à quel point le fameux quatrième pourvoir est également aux mains des capitalistes (ceux dont l’argent est un but).
Notez que je ne porte pas critique ici de ce système. D’ailleurs, à ce jour, je n’ai pas réfléchis à savoir si une démocratie serait mieux ou moins bien. Je suit les travaux d’Etienne Chouard, comme lui je constate que ce que nous appelons démocratie n’est pas précisément : une démocratie. Je n’ai pas (encore ?) son point de vue sur la nécessité d’une démocratie.

 En définitive, j‘ai vraiment aimé ce livre, sur le sujet et la manière : une écriture vitriol sans jugement et sans blesser ni le CFJ ni les médias. J’ai vraiment aimé ce travail de fond sur deux années passées dans l’école. J’ai apprécié l’ouverture et la compréhension qu’il me donne. Il m’a apporté la compréhension de ce que je savais.

Les petits soldats du journalisme dans votre librairie aux éditions Arènes. Fiche livre

 

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