Parentalité positive, faire autrement, de quoi parle-t-on ?

A l’heure où j’ai déposé mon dossier pour devenir formateur « J’arrête de râler », me reviennent d’excellentes questions…
J’adore parler avec mon frère, qui pose des questions qui me plaisent, où bien souvent je n’ai pas la réponse immédiate.
Je réagis ici pour la deuxième fois, avec bien des mois de réflexions, à ses propos.

Au moment de la question, j’ai bien souvent une réponse, mais elle m’est cachée. Je ne la trouve pas immédiatement… Ensuite, la remarque me titille, j’ai pas la réponse. Pour moi c’est évident, mais l’autre a quand même posé une bonne réflexion, à laquelle je ne sais répondre.
Ça grattouille, Ça tourne, ça asticote, ça revient lancinant, régulièrement, et un jour, comme ce matin, vous ne savez pas pourquoi une réponse surgit : « bon sang mais bien sûr ! »

Voici donc les deux réflexions qui ont suscité cette petite étincelle de ce matin :

De mon frère : « Cela m’énerve d’entendre partout le mot autrement, c’est quoi autrement, qu’est ce que cela veut dire ? Autrement que quoi ? »
Pour ma part j’avais une bonne idée de ce que ce mot voulait dire, mais à sa réflexion « autrement que quoi ? » je n’avais aucune réponse satisfaisante à apporter…
D’une amie, a propos d’une signature : »parents conscients… -« Comme si il y avait des parents inconscients », que je rapporte ici (dans ma petite tête) à « la parentalité positive, comme si il y avait une parentalité négative.. ».

Faire autrement, autrement que quoi ?

Sur le site de l’excellente revue  « Grandir Autrement » On y lit : »Grandir Autrement,  … soutient …l’éducation sans violence et le respect de l’environnement dans notre quotidien de parents responsables…une éducation respectueuse de l’enfant et de son environnement…le respect de l’enfant et de sa planète. »
Je pense sérieusement que si vous posez la question aux parents qui ne font pas « autrement » s’il pense éduquer leurs enfants sans violence, dans le respect de l’environnement, si il pense être des parents responsable, vous aurez une large majorité de oui. Et ils auront raisons !

Autrement : d’une autre manière.

Plus j’approfondis le sujet de l’éducation, plus je suis sur qu’il y a autant de manière d’éduquer un enfant que : d’enfant ET de personne, pour l’éduquer. C’est à dire que la manière d’éduquer un enfant est le lien unique relationnel entre l’adulte et l’enfant. Vu sous cet angle, faire autrement n’a aucun sens. La question faire « autrement que quoi ? » prend tout son sens !
Mon blocage à trouver une réponse, à ce juste problème, était que je me concentrais sur ce mot : « autrement », qui gênait tant mon frère.
Or, le mot clef de la réponse était : « faire ».

Comment faisons nous ?

Avant de se questionner sur comment faire autrement, se poser la question comment je fait ?

Pour ma part, je faisais en fonction de mon idée préconçu de comment il fallait faire, j’appliquais des règles qui me semblaient être partagé par tous et qu’il fallait  donner ou faire appliquer. Je faisais, comme l’idée que je me faisais de l’éducation que j’ai reçus.
Sur ce dernier point j’essayais de faire avec une méthode différente mais en éduquant de la même façons :  des règles existent, elles sont immuable, applicable à tous il faut les appliquer.
Bref, j’éduquais avec beaucoup de jugement, de pré-jugement, de regards des autres, de conseil des autres… Le regard des autres m’importais plus que le regard que je portais à mon enfant… La règle pré-établit m’importait plus que ce que je ressentais vraiment ou ce que j’en pensais vraiment. La règle est supérieur à tout.
Mes choix étaient fait également en fonction des risques, présentés par l’extérieur… Également, mes choix était fait en fonction de ce qui était bien/pas bien d’une manière générale (admit par tout le monde), ce qui, maintenant je le pense, n’existe pas, mais c’est un autre sujet.

Dans faire autrement c’est faire autrement que ce qu’on pensait faire. Faire autrement que ce qui nous semble établit. Faire autrement qu’un automatisme « inné », un savoir « inné ». Faire autrement que ce laisser porter par le quotidien. Faire autrement, c’est réfléchir à notre action, se demander si elle nous convient. Si la manière de faire ne nous convient pas parfaitement on la change. Je précise, si elle nous convient pas parfaitement sur le moment présent.

Parfois on peut faire avec une règle qui ne nous convient pas pour le « bien » de son enfant dans le futur. Autrement, c’est appliquer des solutions qui nous convienne maintenant, et naturellement on pense au bien de son enfant futur.
Faire autrement c’est se poser des questions. Faire autrement c’est déjà observer. Faire autrement c’est avant tout ne pas juger la manière de faire des autres. Faire autrement c’est enfin se remettre en question, continuellement.

Je vais parler du co-dodo pour illustrer mon propos. A l’arrivé de mon premier enfant, une fille, j’avais des grandes peurs du co-dodo… Mythe d’œdipe comme on nous dis. Puis aussi, qu’un enfant « Doit » faire ses nuits à 6 – 12 – 18 mois suivant les personnes. J’ai eu du mal à m’y mettre, et même en acceptant, c’était vraiment difficile. Pourtant, la solution de la laisser hurler la nuit, n’était pas possible. Je sentais sa souffrance, et moi aussi j’en souffrais. J’en étais au tout début de : faire autrement. J’appliquais des règles, entendu, lut, transmise sans me poser de question :
– Pourquoi dois-t-elle faire ses nuits ?
– En quoi c’est dangereux le co-dodo ?
– Qu’est ce que je veux transmettre ?
– Qu’est ce que je transmet réellement ?
….

Pour l’arrivé du deuxième, le co-dodo fut une évidence. Ce fut génial, jusqu’au moment où, cet été, nous ne voulions plus faire de co-dodo. Pas suivant des règles, mais parce que nous n’en avions plus l’envie. Là aussi il a fallut faire autrement.
Pour l’arrivé de notre troisième nous profiterons pleinement de notre co-dodo ;-)

Faire autrement, c’est réfléchir, mettre ses propres barrières. Être sûr que la manière de faire est bien la notre… Dans ma manière de faire aujourd’hui, mes enfants sont rois (ou au moins des princes et princesses). En ce sens, qu’a part mon épouse (qui est ma reine ;-), ils sont prioritaires. En ce sens que, si je désirs qu’ils soient heureux plus tard, je ne les sacrifies pas pour qu’ils ne soient pas heureux maintenant. En ce sens que j’essaye de porter, constamment, un regard bienveillant sur eux.  En ce sens qu’ils peuvent modifier les règles de la maison, si elles me conviennent. En ce sens que je ne suis pas leur supérieur, leur juge… Nos limites, règles sont faites pour vivre ensemble sous le même toit… J’ai mes limites, ils ont les leurs. Ils sont rois, et pas dans le sens où j’accéderais à tous  leurs désirs, mais bien à tous leurs besoins.

Avant d’avoir mon premier enfant, je n’était pas contre la fessé. Il me semblait que les arguments pour la fessé se tenaient parfaitement. Faire autrement c’est réfléchir a : qu’est ce que la fessé ? qu’est ce que je transmet ? pourquoi je donnerai une fessé ? Et est ce qu’en donnant effectivement la fessé j’y répond (a ce pourquoi) ?
J’ai répondu à ces questions, et dès l’arrivé de ma fille, j’ai décidé : JAMAIS de fessé… J’ai fais autrement.

De la même manière j’essaye de ne plus punir. Clairement je n’y arrive pas, mais faire autrement c’est déjà essayer. Juste la prise de conscience que, pour moi, les réponses aux questions qu’est ce que la punition ? Qu’est ce que je transmet quand je puni ? pourquoi je puni ? ne me plaisent pas : Je décide de faire autrement (ou j’essaye). bref je cherche, je questionne, je me remet en question pour trouver des solutions sans punir et tout de même me sentir bien, vivre bien, être en harmonie avec ma famille, et poser les limites nécessaires à tout cela.

Je crois qu’aujourd’hui, en ce mois de septembre 2013,  le mot « autrement » n’est pas encore galvaudé et, pour moi, correspond à cette définition.
Je suis à la NEF une banque autrement.
J’aimerais adhérer à Enercoop : l’énergie autrement
J’aimerais manger autrement,M’habiller autrement….
Qu’est ce qu’engendre le fait de m’habiller comme cela ? Quel tissus ? Comment c’est fait ? Quel impact ?
Si je répond à ces questions, que les réponses ne me plaisent pas, je peux agir en changeant, faire des choix autrement qu’aller au simple magasin H&M…. A ce jour, je sais que l’on peut s’habiller autrement, je ne le fais pas. Mais c’est une décision, un choix, à ce moment de ma vie. Lorsque je vais acheter des vêtements je n’y réfléchis pas, je ne fais pas autrement.

Se poser des questions, c’est déjà faire autrement…

La parentalité positive, c’est la même chose.

Bien sûr qu’en parlant de parentalité positive, je n’imagine pas une parentalité négative. Je n’imagine pas non plus une parentalité en opposition avec une autre parentalité.
La parentalité positive répond à la question : comment je désirs être parent ?
Il en découle des questions telles que : Quel parent je suis ? est ce que ce parent me plait ? Quel regard je porte sur mon enfant ? Est ce que ce regard est en adéquation avec ma réponse à comment je désirs être parent.

Se définir parent positif (et il n’y a que vous même qui pouvez vous définir), c’est mettre l’accent sur le fait que notre priorité est de voir les éléments positifs. Travailler sur la parentalité positive c’est se poser les questions : est ce que c’est positif ? Est ce que cela amène du mieux ? (dans la relation, le bien être, la connaissance, …), dans tel situation, qui m’apparait au premier abord négatif, qu’est ce qui est positif ?.

Bien évidement il n’est pas nécessaire d’être parent positif, pour que les enfants ai une belle enfance, se sentent bien et soient heureux. Être parent positif, c’est se dire, je fais attention à cela au quotidien, je me remet en question pour répondre à cette priorité. Je me pose des questions et tourne mon regard, mon point de vue et mes réponses vers le positif. Qu’est ce que la parentalité positive ?
Dans les réponse, on y retrouve la bienveillance… Je ne conçois pas de parents qui ne soient pas bienveillant. Mais se mettre la limite de la bienveillance comme une barrière infranchissable, nous permet d’y prêter attention au quotidien. Même lorsque nous même nous ne sommes pas bien.Imaginez vous êtes sur la dune du Pilat. d’un coté vous ne voyez que la mer, d’un autre coté vous ne voyez que la forêt, et si vous regardez vos pieds avec une casquette vous ne voyez que le sable… Si le sable vous brule les pieds, que le reflet de la mer vous brule les yeux, est que vous n’êtes bien qu’a regarder la forêt et mettre des tongues. Vous arriverez à regarder uniquement la forêt… Plutot que de descendre vers la mer, vous descendrais vers la foret. Parfois c’est plus délicat, plutot que de gravir la dune en marche avant (forêt dans le dos), vous gravirez en marche arrière : avec des tongue c’est super dur, alors vous pouvez décider, pendant le temps de la marche à gravir d’être pied nu, et savez que vous vous brulerais un peu les yeux au sommet.
La parentalité positive c’est un peu cela, vous mettez des contrainte sur ce que vous voulez ou ne voulez pas pour être positif.

La parentalité positive est une auto-contrainte. C’est porter un regard qui questionne sur son enfant. Est ce que la règle que je met en place, là maintenant, est positive pour mon enfant maintenant ? est ce qu’elle est utile pour lui maintenant ? Est ce pour moi que je la met ou réellement pour lui ? Pour qui est le positif ? (pour moi ou pour lui ?) Pourquoi la règle, quel but, combien de temps, où je la pose, … Je ne pense pas qu’une règle toute faite générale applicable à tous existe… Je n’en connais aucune.

La parentalité positive n’est pas un fais, ni une manière, encore moins une définition. Pour moi la parentalité positive, c’est de me questionner, en tant que parent, à comment je peux vivre de manière toujours plus positive… POUR MON ENFANT.

J’entends quelques suggestion de la petite voix interne : ho la la il va s’oublier, des enfants rois: il verra plus tard les ados que ça fera, une fois que ses enfants partirons il ne saura plus quoi faire…
La parentalité positive c’est le questionnement sur le positif de son enfant. Le regard bienveillant sur son enfant.
Est ce que je peux porter un regard bienveillant sur mon enfant si moi même je ne suis pas bien ?
Est ce que je peux porter un regard bienveillant sur mon enfant si cela génère des problèmes avec la femme que j’aime ?
Est ce que je peux être bienveillant avec mon enfant si je suis mal à l’aise avec ses comportement ?

Pour moi : Bien sur que non !

La parentalité positive n’a pas pour but de ne pas avoir de crise d’ados, elle n’a pas non plus pour but une certitude d’avoir des enfants heureux plus tard. La parentalité positive n’a pas de but.
Pour moi la parentalité positive me permet de faire tomber mes propres barrières de préjugés, et porter un regard confiant, positif, et bienveillant sur mon enfant : AUJOURD’HUI.
La parentalité positive me permet de vivre heureux, en couple, en harmonie dans ma famille, MAINTENANT.

A ceux qui me disent, qu’il existe des règles nécessaire à appliquer pour plus tard, même si elles ne sont pas positive tout de suite pour l’enfant, elles le seront plus tard : je réponds que pour plus tard je ne sais pas ce qui sera nécessaire pour moi, alors pour mes enfants je sais encore moins. Il me semble impossible de connaitre les règles fondamental nécessaires pour plus tard, et quand bien même, il serait illusoire de vouloir tous les prendre en compte.
Arriver déjà a répondre aux problèmes de votre enfant, de votre famille, aujourd’hui, avec bienveillance, confiance, et harmonie est déjà pas simple… M’être en place des choses sur ce qui pourrait arriver plus tard me parait impossible.

Être parent positif , pour moi, c’est toujours ce poser les questions, pour mon enfant : du comment, pourquoi, pour qui, où, ET quand...
(CQQCOQP de la fabrique à bonheurs)

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