Résoudre un conflit, le comment du pourquoi….

Pourquoi la question piège !

Lors d’un conflit, à chaque fois que je pose la question « pourquoi », d’une part j’augmente le conflit, et d’autre part je deviens juge.

Des cris dans la salle de bain, lorsque j’interviens : « Pourquoi y a-t-il des cris ? Que ce passe-t-il ici ? « ; J’ai automatiquement des enfants en défensive qui veulent me convaincre que c’est de la faute de l’autre, et bien sûr, que eux sont totalement innocent de la situation. Le deuxième effet Kiss pas Cool de mon intervention, c’est que mes enfants sont automatiquement dans l’attente de ma réponse, de mon point de vue et surtout de ma solution.

C’est normal. Si je cherche à savoir l’origine du problème, je cherche une cause, une responsabilité à la situation…. Un coupable ?

PourquoiMais est-il possible de connaitre l’origine d’un conflit ?

Je ne sais pas pour vous, mais moi cela fait des années que je cherche l’origine de mes conflits… Et je ne suis pas sûr de tous les trouver ;-)
Est ce que les conflits de mes enfants sont plus simple à trouver ? Pas si sur …
– C’est lui qui m’a frappé
– Lui m’a éclaboussé
– Lui m’a dis « caca »
– Lui et bien il m’a poussé
– Lui ne m’a pas laissé rentré dans l’eau
– Il e m’a pas prêté son jouet
etc…

Qu’elle énergie déployé, quel temps nécessaire pour en arrivé à ça !
Surtout qu’il est possible que l’origine du conflit vienne de moi (pas trouvé le temps d’un câlin, donné un crayon à l’un et pas à l’autre), ou alors l’origine pourrait se trouver dans la dispute avec une amie à l’école, ou encore, le teste d’une nouvelle possibilité (se battre) découverte à l’école…
Je crois que trouver l’origine d’un conflit, la véritable origine, est impossible.

A quoi cela me sert ?

Si il est impossible de trouver l’origine du conflit, peut-être cela a-t-il un intérêt d’essayer le de trouver ?

Je me suis donc demandé a quoi cela me sert de rechercher l’origine du conflit ? Qu’est ce que cela m’apporte ?
Voila ce que m’apporte, au final, cette recherche : soit je trouve un responsable, soit je ne trouve pas. Dans les deux cas je suis embêté !

Que puis-je faire dans le premier cas ?

  • Je punis ?
  • Je fais la morale ?
  • J’explique une nouvelle fois ?
  • Votre idée ici  !

Dans le deuxième, c’est encore pire !

  • « Maintenant ça suffit ! Vous êtes tous les deux en cause. »
  • Bon tout le monde a dix, vous vous demandez pardon
  • Silence
  • Morale bateau « bon, on ne peut pas crier »
  • Votre idée ici ;-)

Dans les deux cas et à chaque fois, a chaque intervention avec un pourquoi,  je me transforme en juge parfaitement injuste. Le pourquoi ne me sert pas. Au contraire je me retrouve dans  des situations plus qu’inconfortables.

Comment ? la question qui sauve !

Donc en commençant ma question par « Pourquoi »:  je suis sur de ne pas avoir de réponse (impossible) et cela ne me sert à rien (voir me dessert). Alors puis-je faire autrement ?

Hier, lorsque je suis rentré dans la salle de bain j’ai posé la question : « Je me demande comment vous aller arrêter ce conflit ? ».
D’une part cela a provoqué l’arrêt immédiat du conflit, et d’autre part ils se sont mis en recherche de solution par rapport au problème en cours.

Examinons pourquoi ? (et oui la, la recherche est intéressante ;-)

Résoudre le problème en cours

Entre l’origine du problème et ce qu’est devenu le problème, le temps à passé. Ce qui est à résoudre à l’instant ou j’interviens n’est généralement plus le problème à l’origine du conflit.
Reprenons l’exemple du bain, le conflit a pu commencer avec l’entrée dans l’eau, puis continuer sur la place de chacun dans le bain. Au moment où j’interviens, le conflit peut en être au stade où chacun des enfants veulent le même jouet.
Pour arrêter le conflit, le problème à résoudre est le partage du jouet. Les autres problèmes ont déjà été résolus…
Comment aller vous arrêter ce conflit ? Mes enfants regardent ce qu’ils font et pourquoi ils se battent: le jouet. L’entrée dans l’eau n’est vraiment plus dans leur présent.

Arrêt du conflit

Pourquoi mes enfants arrêtent immédiatement de se chamailler ?
J’ai remarqué qu’ils adorent être acteur. Ils me font des spectacles, me demandent de regarder le magnifique saut sur le trampoline, de regarder le dernier super avion en légo trop bien…
Alors, si je leur dis que je m’intéresse à les regarder eux, dans ce que eux vont faire. Si je leur dis que je suis prêt à arrêter de faire ce que je fais pour regarder leurs prouesses. Et bien il vont tout faire pour se rendre acteur et se montrer en spectacle : donner leu meilleur d’eux même.
« Je me demande (intérêt) comment vous (acteur) aller arrêter ce conflit ? (objectif). »

Rechercher une solution concrète au problème qui me dérange

Lorsque l’objectif est une action c’est facile. Si l’objectif est un concept c’est compliqué. Nous l’avons vu, chercher l’origine d’un conflit c’est une idée, un concept, il faut y réfléchir, longtemps, se poser des questions… Lorsque l’objectif est une action : c’est clair, net et précis… : Arrêter le conflit est une action.

En tant que parent la seule chose qui m’intéresse c’est l’arrêt du conflit.
Or, lorsque je pose la question « Pourquoi y a-t-il des cris ? » je dis à mes enfants que mon intérêt se porte sur les cris. Même si ils peuvent le deviner (quoique), il n’est pas clair que je porte tout mon intérêt sur l’arrêt du conflit (il est secondaire).
Si mon objectif est l’arrêt du conflit, et bien il me faut le stipuler : Je souhaite l’arrêt du conflit.

Il est normal qu’en posant la question : »pourquoi y a-t-il des cris ? » que mes enfants continuent de se/me répondre en mode conflictuel. C’est énervant n’est ce pas de les entendre crier l’un plus fort que l’autre pour répondre et se justifier ?
Et bien c’est normale : je ne leur ai pas demandé l’arrêt de la dispute, ils continuent donc sur un autre registre. Ils me répondent sur le même mode. C’est comme le tri-athlète, si on ne lui dis arrête de nager, il court, si on lui dis arrête de courrir, il fait du vélo. Si je lui dis arrête la course tu es hors jeu, il s’arrête ;-)

Plus mon objectif sera simple, plus cela est facile pour mes enfants. Mes enfants ne comprennent pas, au moment ou je pose la question « pourquoi ça crie ? », que mon objectif final est de trouver une solution et l’arrêt du conflit. Si pour un enfant  de 8 ans c’est difficile, pour des enfants de 4 ans et 2 ans c’est mentalement impossible. Si mon objectif prioritaire c’est l’arrêt du conflit, et bien c’est la première chose que je dois leur dire : arrêt du conflit.

C’est à qui ? Quel acteur ?

L’autre problème du pourquoi, c’est je me met moi dans la position de celui qui veut résoudre le conflit. Par cette question, je me rend acteur : je suis Scherlock Holmes.  Il est donc normal que mes enfants se mettent en spectateurs : ils attendent que je résolve l’énigme.
L’avantage du comment, est de transférer l’action de mon objectif, et sa prise de responsabilité quand à sa réussite, à mes enfants : je reste spectateur. Et vous savez quoi ? Un spectateur ne se trompe jamais ! Celui qui bégaie ou oublie son texte c’est l’acteur, jamais le spectateur ;-)

Qu’est ce qui est à résoudre (objectif) : le conflit. C’est à qui de résoudre le conflit ?  Aux enfants. Pourquoi vont-il le résoudre (motivation) ? Parce que papa y porte un grand intérêt et beaucoup d’admiration à les voir .
Ce qui donne : « Je me demande comment vous aller arrêter ce conflit ? »

La grande différence du comment et du pourquoi ?

Il y a une très grande différence de positionnement entre :

  • Le papa qui se demande : »Pourquoi ça ne va pas ?’
  • Et celui qui se demande : »Comment faire pour que cela aille ? »

Résonances…

Je crois qu’une des sources de nos maux d’adultes, des conflits dans les couples, entre voisins, ou plus largement les guerres sur cette terre. C’est que l’on passe beaucoup plus de temps à se demande pourquoi, plutôt que comment…
Dans le pourquoi, la cause est toujours l’autre, dans le comment, je me rend acteur.

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