Vous ne serez jamais un bon parent !

Et c’est le meilleur de ce que je vous souhaites.

Voici une accroche un brin provocante je l’avoue… Ma réflexion s’adresse à tous ceux et toutes celles qui font tout pour être une bonne maman, un bon papa, à tout ceux et celles qui pensent ou ont pensés un jour je suis un(e) bon(nne)/mauvais(e) papa/maman..
Probablement chacun d’être nous ;-)

Le fil de pensée que je vous propose là, va un peu dans la continuité de mon post précédent sur le jugement.

Vous ne serez jamais un bon parent, et heureusement !
J’ai tendance à penser que plus vous voulez devenir/être un bon parent, plus vous risquez l’échec : être un mauvais parent…

Pourquoi est-ce impossible ?

Je passe sur le fait qu’un bon parent ça n’existe pas, j’ai déjà développé cette idée dans  Comme le temps, les mauvaises nouvelles n’existent pas !

Il me semble que lorsque l’on veut être un bon parent, le focus, le but, est orienté vers soi et non vers l’enfant. Si je veux être un bon parent, je vais faire des choses, des actions en fonction de l’idée que je me fais d’un bon parent. Or il y a toute les chances pour que cette idée ne soit pas celle de mon enfant (sur le moment, mais plus tard aussi).
Si aujourd’hui je menais mes actions, mes réflexions, pour être un bon papa, je me poserai la question : qu’est ce qu’un bon papa et pas la question qu’est ce qu’être papa.
Pour moi, en me posant les deux questions, les réponses sont fondamentalement différentes.
En me focalisant sur être un bon papa, je sclérose ma pensée.

Impossible et dangereux pour votre équilibre

Malgré toute la bienveillance, malgré ce que j’essaye d’enseigner à mon enfant, demain, il est possible (probable) que mon enfant me le reproche.
Si j’ai l’idée que j’ai tout fait pour être un bon papa, et que mon enfant me reproche de ne pas avoir été un bon papa… Pour moi ce serait insoutenable, incompréhensible.
Si j’ai tout fait pour être, juste, un papa, mon enfant peut avoir le jugement que, pour lui, je suis un mauvais papa…. Ça m’attristerai mais c’est possible, acceptable…
De la même manière, mon enfant peut tomber dans des chemins que je ne lui souhaite pas : violence, drogue, cela parle à chacun d’entre nous, mais moi je pense surtout au chemins du non respect des autres, de lui même, de la fermeture aux autres,…  A ce moment précis, de la chute, mon entourage, la société peut me reprocher d’être un mauvais parent, un parent pas à la hauteur… Or si j’ai tout fait pour être un bon papa, cela serait, pour moi, un échec, voir une humiliation, je peux avoir du ressentiment et en vouloir à mon enfant : « après tout ce que j’ai fait pour lui… »
A l’inverse, si j’ai donné le meilleur de moi pour être papa, ce jugement peut passer, et vivre en moi. Oui je n’aurais peut être pas trouvé les clefs, oui mon enfant découvre un chemin sur lequel je ne souhaitais pas qu’il aille, et oui j’ai donné le meilleur de moi pour être papa:  je n’ai pas de ressentiment vis à vis de mon enfant. Je reste papa malgré tout, de l’enfant que j’aime.

Alors pour quoi vouloir être un bon parent ?

Il vous faut la pleine conscience qu’être  un bon papa n’appartient qu’à vous même. La valeur que vous donnez à « bon parent » est la votre, et uniquement la votre. Ni votre conjoint, ni votre enfant, ne peut avoir exactement cette même vision.
Alors Pour quoi vouloir être un bon parent ?

Est ce que vouloir être bon parent, ce serait vouloir quelque chose pour soi… Peut-être serais-ce vouloir être le parent que nous aurions aimé avoir dans notre idéal : Donc pas du tout le parent idéal pour son enfant (ce parent là est impossible à connaitre et le cas échéant est inaccessible)…
Je peux essayer d’imaginer que l’on n’essaye pas d’être un bon parent en fonction de soi : je suis un bon parent au regard des autres.
Là encore je me fourvoie dans mes contradictions :

Si je veux être bon papa (au regard des autres), quel réaction vais-je avoir lorsque ma fille en touchant les seins de cette dame dis : « ils sont gros tes seins ? ».
Il y a toute les chances que je perçoive le regard de la personne comme quoi je suis un mauvais papa.
Si je suis en posture d’être un bon papa, ma réaction risque d’être terriblement violente envers mon enfant au regard de ma peur d’être un mauvais papa :
-> Je ne veux pas échouer à être un bon papa à cause d’un autre (j’en veux à mon enfant),
-> Je vais obliger ma fille (la contraindre) à avoir un comportement qui fasse de moi un bon papa au regard des autres.
-> J’ai pris pour moi le regard d’une action que je ne maitrise pas : je me sens incapable, je ne peux lâcher prise sur quelque chose qui ne vient pas de moi.

A l’inverse, si je n’ai pas cette prétention d’être un bon papa; je reçois, naturellement, le même regard accusateur.
Mais le jugement est tout à fait acceptable, recevable. Je prend du recule. Je peux voir ma fille comme quelqu’un qui n’a pas encore appris le respect de l’intimité. Ce qui est vrais je le constate : je suis papa et je ne sais pas tout apprendre en même temps (d’ailleurs je ne vais pas apprendre grand chose à ma fille au regard de mes connaissances et des connaissances possibles à acquérir. Mais c’est un autre sujet ;-).
Je ne culpabilise pas d’être un mauvais papa… Je me dis que j’ai encore du travail à faire pour accompagner ma fille ;-)

Dans les situations positive le principe est semblable. Si ma fille entre dans la boulangerie en lançant un « Bonjour ! » jovial et enthousiaste.
Si je me positionne en bon papa, je serais heureux pour moi du regard de la boulangère et non pas fier d’elle, des progrès qu’elle a fait . Je lui vole le plaisir de son apprentissage.  Je suis fier de moi, pas fier d’elle. Je suis fier de lui avoir appris quelque chose, pas fier de ce qu’elle a appris.
Je prend pour moi un compliment pour elle…

Vous comprenez la question : pour quoi être bon papa ? pour qui être bon papa ?
Si votre réponse est encore: pour mon enfant bien sûr ! J’ai une nouvelle question : As-t-il besoin d’un bon parent ? ou d’un parent bienveillant ?
Tiens, si vous deviez aller au tribunal (sans que je fasse de rapprochement, ici, entre le juge et le parent), avez vous besoin d’un bon juge (qui appliquera la règle quelque soit les circonstances) ou d’un juge juste (capable de vous écouter) ? Quel type de juge voulez vous être ?

Ce qui vous semble bon pour votre enfant, n’est pas forcément ce qui est bon pour lui…

Être bon parent : une compétition horrible !

Admettons que je veuille être bon parent, et même que je sois un bon parent. Cela signifie donc qu’il y a de mauvais parents. Nous avons donc deux catégorie de parents, et je suis bien sur dans les bon parents (car si je me sens dans les mauvais, je change pour être dans les bons).
Ou est ce que je me situe dans cette catégorie, les hypers bons, les vraiment bons, les bons, les moyennement bons, les justes bons. Dans n’importe quel catégorie ou je me situe, il y aura toujours une possibilité de monter d’une catégorie. Je vais travailler, me concentrer à monté en catégorie (vous ne voudriez pas que je me contente de rester comme bon papa alors que je peux devenir un papa vraiment bon (quelque soit l’enjeu pour mon enfant)), non ? Je vais travailler à vouloir devenir un papa encore meilleur (que quoi ? Que qui ?) ! non ?

– « non » ;
Ok, je me contente de rester juste bon papa, je n’ai pas cette idée de progrès continue (je ne sais pas comment je m’en suis débarrassé : j’admets l’idée que je pense être bon papa et que je ne veuille pas devenir meilleur (pas dans une compétition).
Il existe, dans les deux cas (que je veuille progresser à être bon parent ou non),  des meilleurs parents et des moins bons. Et je peux admettre que mon voisin soit un meilleur papa que moi sans que cela me pose de problème. Mais si je trouve ma femme meilleure parent que moi ? Je pense logiquement que mon enfant va la préférer (et il aura raison) :

– Je suis un bon parents
&- Ma femme est un bon parents, et est meilleure que moi…
&- Mon enfant est intelligent, il choisit ce qui est meilleur.
Donc – > Mon enfant préfère sa maman.

Même si mon enfant n’a pas cette action de préférer sa maman, j’ai l’idée qu’il peut préférer sa maman, soit je rentre en compétition, soit j’abandonne la compétition, je vais avoir des aigreurs des ressentis, il est possible qu’au final mon enfant préfère sa maman uniquement par mon comportement et l’idée que je me fais de son jugement : bon papa/bonne maman.

Pour ma part, je préfère que ma fille n’est pas une bonne mère, pas un bon père et qu’elle nous aime chacun de nous a sa façon pour ce que l’on ai, sans égalité non plus.

Allons plus loin, j’admets que les deux parents soient à égalité, sur tous les points, comme bon parents. Vos voisins alors ? Dans le même principe, il y a des parents meilleurs que d’autre, donc le risque est grand que vos enfants préfèrent vos voisins si ce sont de meilleurs parents ?

Le même raisonnement s’applique dès la petite enfance… ma nounou est meilleures « parent » que moi. Du coup j’ai peur de l’amour de mon enfant pour sa nounou, mon enfant va préférer ma nounou à moi (la compétition s’engage), je vais donc mettre des contraintes à ma nounou pour être sur que mon enfant ne préfère pas ma nounou : je vais la faire jouer dans la même cours que moi :
« – vous lui donner les repas comme ci, vous le couchez comme cela, vous ne faite pas ci ou faites cela… »
Bref, plein de consigne pas pour mon enfant au final, des consignes pour être sur que la compétition est égale, que mon enfant pourra choisir qui aimer le plus avec les mêmes contraintes pour la nounou… Sachant que si il y a un déséquilibre en la faveur de la nounou, je le rattraperais le WE en modifient quelque peu les règles (tiens tu as le droit à un bonbon – interdis à la nounou – coup tordu, mais cela ne se dit pas ;-)…

Et bien moi je préfère ne pas être un bon papa, mon voisin n’est pas un bon papa, ma nounou n’est pas une bonne nounou (je l’adore, mon fils est dingue d’elle ;-),  l’amour que porte mes enfants peut grandir librement sans contrainte pour qui il veut, de l’amour en recevoir et en donner toujours plus, pour nous, pour mes voisins, pour ma nounou… Cet amour n’est pas contraint, il peut grandir au fur et à mesure des besoins.
Vous savez que l’amour n’est pas divisible, il grandit automatiquement.
Les parents qui ont une fratrie le savent, à la naissance de votre nouvel enfant, votre amour n’est pas divisé avec le reste des enfants, c’est un nouvel amour qui arrive.

Cette question de meilleur papa, meilleur maman, apparait dès le plus jeune age entre frères et sœurs :
« Papa, qui préfère tu ? » Que nos enfants exprime le plus souvent dans les situations suivante : il y en a un qui se blesse, le parent accours, l’autre se met à pleurer pour être consolé aussi…
Pour ma part, je n’ai pas d’enfant meilleur que l’autre, et je leur dis : toi ma fille je t’aime pour ce que tu es, et j’aime ton frère pour ce qu’il ai. Il n’y a pas de comparaison, mais c’est vrais je vous aime différemment : Avec toi j’aime faire un énorme câlin à ton réveil, avec ton frère j’aime découvrir les insectes. Je les aimes pour ce qu’ils sont, ils nous aime pour ce que nous sommes, il n’y a pas de comparaison possible: il n’y a pas de bon parents, il est illusoire de vouloir être un bon parent.

Vouloir être bon parent c’est répondre à la question de l’enfant : »Quel est le meilleur parents ? » « Qui m’aime le plus ? »

il n’y a pas de bon parent, il n’y a pas de parent meilleur, il n’y a pas de parent qui aime le plus. Chaque parent est unique et est aimé pour des raisons unique à l’enfant.

Faîtes le meilleur de vous même à chaque moment

Vous voulez être bon parents ? Faîtes le meilleur de vous même à chaque moment c’est énorme.
Cela vous parait évident, pour vous c’est cela être bon parent ? Je pense que c’est véritablement différent :

Vous êtes mort de fatigue, vous n’en pouvez plus, vous ne pouvez pas vous occuper de vos enfants.
Si vous êtes en bon parent, soit vous bombez le dos et répondez aux sollicitations de votre enfant (quoi qu’il en coute pour vous même et vos besoins), soit vous culpabilisez de ne pas y répondre.
Si vous donnez le meilleur de vous même vous pouvez dire à votre enfant :
« Écoute, ce soir je suis mort, j’ai besoins du plus grand calme, si j’entends hurler je risque de me fâcher très fort »…
Si vous vous fâchez, vous ne vous culpabiliserez pas : vous avez donné le meilleur de vous même !

Un bon parent n’aurait jamais crié sur son enfant !

 

 

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